Axes d’intervention

La prévention

La prévention combinée

La prévention combinée est une stratégie de santé publique comportementale et biomédicale qui doit également intégrer des politiques structurelles favorables  au recours aux services de santé et à l’amélioration des conditions de vie. Elle nécessite ainsi le renforcement des politiques permettant l’accès au séjour pour soins, l’accès aux droits sanitaire et sociaux, l’articulation ou l’intégration des services communautaires.

l’objectif de ce nouveau concept est de construire les synergies nécessaires entre les stratégies de prévention sites comportementales (visant à changer les comportements individuels et collectifs à risque de transmission du virus au profit de l’adoption de comportements plus sains, structurelles (visant à agir plus largement sur les facteurs sociaux, économiques, juridiques, culturels et éducatifs susceptibles de vulnérabiliser les personnes et les groupes les plus exposés à l’épidémie et de faire obstacle aux changement de comportements et biomédicales.

Cette articulation tend à faire une approche plus globale, la prévention, le dépistage et le traitement.  L’objectif de ce nouveau paradigme vis l’amélioration de l’efficacité de la prévention et la réduction de risque de transmission du VIH tant pour le bénéfice des individus que pour la collectivité à une échelle plus large.
Un des piliers de la prévention combinée s’avère le Dépistage rapide et communautaire.

La prévention virtuelle

La prévention virtuelle offre la possibilité de travailler derrière un écran, de propager des informations et des messages clés et d’inciter les personnes à faire le dépistage, tout en gardant l’anonymat et en donnant la chance aux bénéficiaires de poser toutes les questions qui peuvent parfois rester dans le non-dit compte tenu de la spécifié des comportements et de la diversité.

La santé sexuelle

S’adresse à toute la population, ses principales actions sont :

  • Offrir une information juste claire et compréhensible sur les sexualités et les genres
  • Répondre aux questions relatives aux sexualités et aux genres
  • Informer sur les dysfonctionnements et les troubles sexuels, leur prévention, dépistage et prise en charge
  • Lutter contre les discriminations liées au sexe, à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre
  • Sensibiliser sur les comportements à risqueà savoir l’association des stupéfiants lors des rapports sexuels
  • Prévenir les violences sexuelles et orienter vers les structures de prise en charge adaptées

La réduction des risques (RdR)

La réduction des risques liés à la toxicomanie désigne l’ensemble de la politique de réduction des risques lié à la toxicomanie. C’est une politique qui privilégie des stratégies de soin et de prévention afin de limiter les risques sanitaires et sociaux liés à l’usage de psychotrope.

Elle est d’abord apparue dans des pays ayant une forte tradition de santé publique comme les Pays-Bas puis la Grande-Bretagne pour se répandre dans les pays occidentaux mais elle reste absente dans le reste du monde.

En Tunisie la Réduction de risque a été introduite par l’ATL en septembre 2007, après plusieurs actions de plaidoyer cette approche est inscrite dans les stratégies de la riposte au VIH depuis 2012. En 2013 l’ATL a lancé son premier Centre de réduction de risque sur le grand Tunis, 3 autres ont enchainé à Nabeul, Kasserine et Gafsa. En 2016 l’ATL a ouvert le premier centre RDR dans la région MENA et en Afrique pour les femmes injectrices de drogues nommé « les jasmins ».

Le plaidoyer

Les réalisations

  • En 2014 : Mise en place de 4 centres d’accueil pour la prévention CAP destinés aux UDI dans le cadre du projet « Réduction de Risques de transmission du VIH/VHC en Tunisie dans les régions du Grand Tunis, Nabeul, Kasserine et Gafsa » en partenariat avec DROSOS
  • En 2016  : Création du centre  « Les Jasmins » ; un espace dédié spécialement aux femmes usagères de drogues injectables et leurs enfant situé au centre ville de Tunis.
  • Services offerts aux UDI :
    • Programme de distribution des kits d’injection,
    • Dépistage communautaire du VIH/VHC,
    • Prise en charge psychologique,
    • Prise en charge ergothérapeutique,
    • Prise en charge sociale,
    • Activités génératrices de revenue  AGR  et réinsertion socioprofessionnelle,
    • Prise en charge et appui juridique,
    • Prise en charge médicale,
    • Orientation vers l’hébergement.

Un impact réel sur la vie des UDI : Le travail avec et pour les UDI a permit d’atteindre des résultats remarquables.

Les recherches effectuées

  • En 2008  : L’analyse sémiotique des données recueillis  lors du DCP utilisateurs des drogues  injectables.
  • En 2018 : Enquête sérocomportementale sur le VIH et les hépatites virales C auprès des usagères de drogues injectables dans les villes de Nabeul, Kasserine et Gafsa.

Les actions entreprises

  • En 2014 : Introduction et lancement des tests rapides VHC (premiers en Tunisie) au niveau des centres d’accueil à bas seuil de l’ATL MST sida, Tunis.
  • En 2015 : Participation à la Campagne internationale « Support don’t punish »
    campagne  mondiale de plaidoyer  dont l’objectif est de promouvoir de meilleures politiques des drogues qui mettent la priorité sur la santé publique et les droits humains.
    Lancement de la campagne « Libérez le traitement » : l’ATL s’est engagé à sensibiliser le grand public dans l’objectif de mieux faire connaitre les risques de l’hépatite C, comment les reconnaitre, comment transmettent-elles, ainsi les différents méthodes de prévention et surtout la polémique du traitement.

Gilead : élargit l’accès au traitement, et accorde la Tunisie la licence du traitement
Réalisation d’un spot de sensibilisation joué par des acteurs proches du grand public sur le traitement de l’Hépatite C.

  • En 2016 : Participation à la campagne internationale « Listen First » : est une initiative de l’UNODC visant à accroître le soutien à la prévention de l’usage de drogues qui est basée sur la science et donc un investissement efficace dans le bien-être des enfants et des jeunes, de leurs familles et de leurs communautés.
    Lancement du «croissant jaune » : le mouvement pour sauver la vie des usagers de drogues
    Soutien à l’atelier de sensibilisation  « Pour un réseautage des partenaires de la stratégie nationale de prise en charge des addictions » en partenariat avec la STadd « Société Tunisienne d’addictologie ».
  • En 2017 : Stratégie de plaidoyer concernant la réforme de la loi 52 de l’année 1992 : Promulguée en 1992, la loi 52 prévoit une peine minimale d’un an de prison pour consommation de stupéfiants et interdit aux magistrats de prendre en compte des circonstances atténuantes.
    La commission parlementaire a écouté les membres de la délégation de l’ATL MST SIDA Tunis.

Résultat : (Rajout de  l’article 53 qui permet une jurisprudence aux juges, ce qui a réduit l’application de l’article 52).
Réalisation d’un Film documentaire « SALHA » en partenariat avec l’ONUDC « Bureau des nations unies de  lutte contre le crime et la drogue » : Un documentaire qui expose une partie  du parcours de vie des usagers et usagères de drogues injectables en Tunisie, des obstacles qu’elles/ils vivent, ce qu’elles/ils subissent au quotidien, de ce qu’elles/ils attendent de l’Etat et leurs besoins. En effet, ce film met en exergue leur souffrance accrue ainsi que leur mal être face à cette dépendance qui les rongent.

  • En 2018 : Atelier de sensibilisation  « Le traitement agonise : élément clé pour la réduction de risques liées à l’usage de drogues » en collaboration avec ONUDC « Bureau des nations unies de lutte contre le crime et la drogue » et la STADD « Société Tunisienne d’addictologie ». : Atelier au profit des parties prenantes à la thématique des drogues en Tunisie.

Partenaires de plaidoyer

  • L’ATL MST SIDA Tunis est partenaire de mise en œuvre avec la société Tunisienne d’addictologie STADD. Ce partenariat a permis de mettre en place une stratégie de prise en charge liée à la consommation de drogues en Tunisie, mais aussi de consolider les acquis en termes de drogues, d’addictions et de soins.
  • L’ATL MST sida Tunis a développé une relation de partenariat avec  L’ONUDC « Bureau des nations unies de lutte contre le crime et la drogue ». ce partenariat permet de donner plus de pertinence à la mise en œuvre des activités liées à la prise en charge des UDI.
  • En 2015 : partenariat avec ITPC MENA  concernant le traitement de l’Hépatite C.
  • Beity, signature de convention de partenariat en 2017

 

Le dépistage

Le test rapide

Le TROD (Test Rapide d’Orientation Diagnostique) permet d’avoir un résultat en 30 minutes maximum. Il fonctionne à partir d’une goutte de sang prélevée au bout d’un doigt. Un délai de 4 semaines (30 jours) doit s’être écoulé après la dernière prise de risque.
Si le test rapide est positif, il doit être confirmé par  prise de sang dans un laboratoire national de référence.

Pourquoi faire un test de dépistage du VIH ?

plus tôt l’infection est dépistée, meilleure est sa prise en charge et moindres sont les risques de complications.
Il est donc recommandé de faire régulièrement un dépistage du VIH à toute personne ayant eu une pratique à risque. Le dépistage s’effectue de façon volontaire. De nombreux centres et associations le proposent gratuitement (les centres de conseil et de dépistage anonyme et gratuit CCDAG en Tunisie)
On peut notamment le demander :

  • Après un rapport sexuel non protégé
  • Dans un couple stable (fidélité lors des rapports sexuels, pour arrêter d’utiliser le préservatif
  • En cas de désir d’enfant ou d’une grossesse confirmée
  • Après partage d’une seringue
  • Après un accident professionnel d’exposition au sang , toucher le sang d’une tierce ou accident de la voie publique.
  • En cas de lésions, irritations ou verrues apparues sur les organes génitaux toutefois, il y a des infections qui ne présentent aucun signe/lésion ou symptôme.